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Interview : Quelles innovations supply chain en 2020 ?

Publié le 03 Février 2020

Francois biesbrouck president - BK Systèmes
Francois biesbrouck president - BK Systèmes

Revenons sur les années 2010, qu’est-ce qui a marqué la dernière décennie, logistiquement parlant ?

Je pense évidemment à l'émergence de nouveaux modèles de distribution : la montée en puissance du e-commerce, le développement des drives, etc.

La tendance s’est d’ailleurs accélérée au cours des 5 dernières années.

Les modèles logistiques ont dû s’adapter. Où qu’ils soient situés dans le réseau logistique (entrepôts, magasins, etc.), tous les stocks doivent désormais être pris en compte dans l’objectif de satisfaire les promesses commerciales adressées aux clients.

Les solutions mises en place ont en ce sens permis de bénéficier d’une vision en temps réel à la fois plus étendue et plus précise de la chaine logistique, jusqu'à la livraison avec des retours d’informations tout au long de la chaine.

Ceci a été rendu possible grâce à une meilleure disponibilité de l'information elle-même liée à l'amélioration des réseaux de communication et de la téléphonie mobile avec en particulier l’extension vers la transmission de données.

BK Systèmes a par exemple développé ces dernières années des solutions pour la gestion du dernier kilomètre. Les tournées sont chargées, les opérateurs exécutent et, au fil de l'eau, les positions et les statuts sont récupérés. Ensuite, selon la disponibilité du réseau téléphonique, la solution fonctionne soit en mode connecté soit en mode déconnecté. En tâche de fond, les terminaux transmettent l’information collectée.

Le tout est intégré pour mettre à disposition la traçabilité des opérations sur la cartographie de tournées comprise dans notre WMS Speed.

À quelles innovations peut-on s’attendre dans les prochains mois ?

Elles devraient être nombreuses et se rapporter aux sujets suivants : la mécanisation, les objets connectés, l'intelligence artificielle, la réalité virtuelle, la mobilité, etc.

Nous sommes de notre côté en train de travailler sur l'interrogation de notre WMS en langage naturel.

À partir de son smartphone, l’opérateur pourra questionner Speed sur le modèle de ce qui se fait avec les assistants vocaux auxquels nous sommes désormais habitués dans nos sphères personnelles.

Il pourra par exemple demander au WMS le nombre d'articles présents sur un emplacement.

Le fait que les technologies d'IA et de reconnaissance vocale soient désormais accessibles nous permet de travailler sur des sujets de ce type. C'est d’ailleurs un principe chez nous. Nous travaillons sur l'innovation de manière très pragmatique. Si nous investissons pratiquement 20% de notre chiffre d'affaires en recherche et développement, nous ne souhaitons pas nous engager dans des brèches marketing dont l’efficacité opérationnelle ne serait pas avérée. Notre politique d’innovation actuelle nous permet ainsi d’être toujours au niveau des attentes du marché.

Comment l’innovation logistique peut-elle permettre de contribuer à faire face aux enjeux environnementaux actuels ?

Ce que cherche à faire un acteur comme BK Systèmes, c’est d'optimiser la chaine de valeur de l'entrepôt à travers de la technologie, des algorithmes et de l'architecture organisationnelle.

À partir du moment où l’entrepôt gagne en productivité, l’impact environnemental est forcément positif. En effet, au-delà de la prise en compte du problème de l'emploi que cela peut générer et qui est un autre sujet, le fait d'optimiser le nombre de ressources nécessaires va évidemment dans le sens de l'amélioration du bilan carbone.

Une réduction directe des besoins en termes d’équipements en découle : moins de chariots, moins de batteries, moins de pneus à changer, etc.

La réduction des impacts concerne d’ailleurs également les déplacements des salariés.

Avec l’implémentation de Speed, certains de nos clients ont constaté jusqu’à 50% de diminution de leurs besoins en ressources.

De même, un outil comme Foxy qui vise à optimiser les approvisionnements contribue à une diminution sensible de l'impact environnemental.

En quoi l’utilisation de Foxy contribue-t-elle à réduire l’impact environnemental de son entreprise ?

En achetant mieux, on se prévient du gâchis. Moins de produits sont à jeter. Je pense en particulier à ceux soumis aux DLUO. Nous avions par exemple des clients qui bennaient auparavant une centaine de palettes par an, cette quantité a désormais été réduite à quelques palettes seulement.

Les bénéfices environnementaux comme économiques sont alors nombreux : moins d’énergie pour la fabrication de la marchandise, moins de moyens de transport pour l'acheminer au dépôt, moins d’espace et de manutention dans l’entrepôt, et enfin moins d’énergie à consacrer pour écouler son surplus, voire pour le détruire.

De l’autre côté, en disposant du bon stock, ce sont moins de ruptures et donc de relivraisons nécessaires pour satisfaire le client.

Au final avec Foxy, l’impact environnemental peut être réduit de 10 à 15 %.

Tentons un peu de prospective… à quoi ressembleront selon vous les entrepôts en 2030 ?

D’abord, la première question à se poser est la suivante : les entrepôts seront-ils toujours là dans 10 ans ?

Je pense que ce sera en effet le cas. Néanmoins, il est vraisemblable que les modèles de distribution continueront à évoluer et impacteront donc directement les entrepôts tels que nous les connaissons aujourd’hui.

Nombre d’interrogations existent à ce sujet :

  • Jusqu'où iront les géants de la distribution tels que Alibaba ou Amazon dans l'intégration des autres circuits de distribution ?
  • Est-ce qu’à long terme il n'y aura plus que des industriels et Amazon ? Et si un jour Amazon se mettait à fabriquer ?
  • N'y aura-t-il plus que des entrepôts de 200 000 m² ?

Il y a 15 ans, peu nombreux étaient ceux qui avaient imaginé une telle montée en puissance de ces entreprises.

Bref pour ne pas souffrir de la comparaison, il sera important que les entrepôts soient équipés de systèmes agiles et adaptables. C'est bien ce que nous essayons de proposer.

Il est en particulier probable que l’automatisation sera beaucoup plus facilement accessible. De nouveaux acteurs devraient continuer d’émerger et le coût des outils continuer à baisser, ce qui vu le poids du social dans les entreprises ira dans le sens d’un élargissement de l’automatisation.

Il est ensuite vraisemblable que les entreprises mettront en place des systèmes capables de mobiliser leur stock, quelle qu'en soit la localisation, pour assurer au mieux la disponibilité des produits. C'est déjà une tendance actuelle que j'évoquais en début d'entretien, mais je pense qu'à terme les stocks des confrères seront également intégrés, bref qu'il y aura en quelque sorte une mutualisation de stocks interentreprises, l'objectif étant de ne pas manquer une vente quitte à partager sa marge avec ses concurrents.

Ce type d'organisation a, je pense, un vrai avenir. Il s'agira techniquement d'être en mesure de prendre les bons choix en fonction de l'analyse des transferts de flux selon des critères de disponibilité, d'éloignement géographique, de coûts, de délais, etc.

Je pense également que le WMS sera toujours au cœur du fonctionnement des entrepôts. Il en restera le chef d'orchestre, mais sera connecté avec toutes sortes d'interfaces et de fonctions d'analyse et d’aide à la décision pour améliorer la localisation des produits, leur traçabilité, la sécurité, le confort des utilisateurs et la qualité en se basant pour cela sur une identification de plus en plus proche de l'unité consommateur et sur des outils d'assistance aux utilisateurs.

Il est ainsi vraisemblable que les technologies telles que la RFID finissent par réellement s'imposer dans la mesure où les acteurs aspirent à atteindre des niveaux d’identification de plus en plus fin.

Espérons également que de nouvelles générations de lunettes connectées, plus agréables à l’usage pour les opérateurs, voient le jour et permettent ainsi de favoriser le développement de la réalité augmentée dans les entrepôts pour un basculement du vocal vers le visuel.

À plus court terme, quelles sont les perspectives d’évolution de BK Systèmes ?

Nous sommes sur une véritable montée en gamme. Les volumétries traitées par les acteurs qui nous sollicitent ne cessent en effet d’augmenter. Nos solutions intéressent désormais les gros acteurs du marché.

Nous connaissons par ailleurs un important développement international en particulier en Afrique de l’Ouest et sur les pays du Maghreb. BK Systèmes dispose en particulier d’une filiale à Casablanca en charge de distribuer nos solutions sur ces marchés.

Bio Express

François BIESBROUCK a commencé sa carrière en tant que Responsable Informatique chez le prestataire logistique FDS (qui a été intégrée depuis à HAYS Logistique puis Kuehne + Nagel). Il y a acquis une forte expérience opérationnelle dans le domaine de la gestion d’entrepôt. Au début des années 1990, il propose à la SSII Hardis de s’engager dans une nouvelle voie en développant un WMS. À partir de cet accord, François BIESBROUCK prend la direction du Département Logistique et développera le WMS Reflex. En 1998, il crée la société BK Systèmes et développe la première version de la solution Speed WMS en 2003 puis en 2019 FOXY APS. L'activité est centrée sur la gestion des entrepôts, des sites de production, de distribution et de leur approvisionnement. À ce jour, BK Systèmes est composée d'une soixantaine de collaborateurs en France, avec plus de 150 clients dans plus de 25 pays.

Site Internet de BK Systèmes : http://www.bksystemes.fr/

Réalisée le 24/12/2019 par Frédéric LEGRAS, Directeur du Portail FAQ Logistique
dans le cadre du dossier thématique « Quelles innovations supply chain en 2020 ? »